Valérie Theis, Pierre Chastang (UVSQ/ENS Paris Saclay) et Etienne Anheim (EHESS)
S2, 6 ECTS
Ce séminaire d’histoire médiévale est destiné aux étudiantes et étudiants de master et de doctorat mais aussi aux collègues qui souhaitent s’interroger collectivement sur les potentialités et les limites de certains grands types documentaires qui sont au cœur de la pratique de la recherche. Il ne s’agit pas d’un cours d’initiation aux sources médiévales.
Le titre du séminaire renvoie à un livre de 1992, Un meurtre, une société, dans lequel Bernard Guenée tentait de reconstruire la société du début du XVe siècle en partant des sources narratives ayant évoqué l’assassinat du duc Louis d’Orléans en 1407. Cette ambition, qui était un programme autant narratif que scientifique, correspond à une manière d’écrire l’histoire dont on connaît l’efficacité sur ses lecteurs mais aussi les limites.
Comme les années précédentes, mais sur la base de séances différentes, des chercheuses et chercheurs reviendront sur un type de source ou une source sur laquelle ils/elles ont travaillé afin de s’interroger sur les formes spécifiques d’accès à la compréhension du monde social que ces matériaux historiques rendent possibles. Ils/elles montreront également comment ils/elles s’efforcent d’intégrer les biais, les manques ou les incertitudes d’une source particulière à leur analyse et à leur mode d’écriture afin d’en faire une ressource pour l’approfondissement de la connaissance des sociétés du passé.
Chaque séance sera enfin l’occasion de réfléchir aux impensés de la notion de « source », qui conduisent parfois à une naturalisation des matériaux sur lesquels travaillent les historiennes et historiens, au détriment de la prise de conscience du caractère construit et de la matérialité de ces derniers. On verra ainsi ce que change à la pratique de l’histoire le fait de considérer les matériaux historiques comme des constructions, des points d’arrivée d’une multiplicité de processus naturels et sociaux, d’usages et d’interprétations, qui font qu’ils ont eux-mêmes une histoire, dont les chercheuses et les chercheurs ont tout à gagner à tenir compte.
Salle Histoire
Jeudi 16h-19h00
Première séance : 22 janvier 2026
Validation : assiduité et rédaction d’un texte s’inspirant de la grille d’analyse du séminaire pour présenter un type de source, choisi par l’étudiante ou l’étudiant, au sein des matériaux sur lesquels il ou elle fait sa recherche. Pour cette raison, le séminaire n’est pas validable avant le niveau master.
Le séminaire est en français, mais le travail de validation peut être rendu également en anglais ou en italien.
Programme
22 janvier 2026 : Introduction générale
29 janvier 2026 : Michele Tomasi (Université de Lausanne), « Les deux familles de l’évêque : objets et réseaux dans les testaments d’évêques anglais au XIVe siècle ».
5 février 2026 : Marie Dejoux (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « Revenir aux originaux pour relire les sources du gouvernement capétien (XIIIe siècle) ».
12 février 2026 : Cléo Rager, (Institut Catholique de Paris), « Relire les ordonnances des rois de France. L’exemple de la législation sur les gouvernements urbains sous Louis XI (1461-1483) ».
12 mars 2026 : Louis Genton (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) « Mise en récit, mise en archives. Cartulaires et écriture de l’histoire patrimoniale à Saint-Germain-des-Prés (XIIe-XVIIIe siècles) ».
2 avril 2026 : Mahaut Cazals (ENS Paris), « Inventorier, copier, traduire. Usages modernes des chartes médiévales des Grands Causses ».
9 avril 2026 : Magali Watteaux (Université Rennes 2), « Documents planimétriques d’hier à aujourd’hui, pour quelle histoire ? L’histoire rurale et la géohistoire revisitées ».
16 avril 2026 : Paul Bertrand (Université catholique de Louvain), « La "charte". Institution, contractualisation, fiction ».



